FRANCE ET SECTARISME

Il suffit de prendre un peu de hauteur pour s'apercevoir sans crainte de se tromper que l'Union européenne a mis fin au minimum de démocratie qui existait encore. De traité en traité, le pouvoir régalien est passé des Etats à l'Union puis de l'Union à la commission.

Qu'est-ce que la commission européenne ?

Une assemblée de technocrates aujourd'hui tout puissants, non élus par les citoyens, véritable dictature restreignant drastiquement, pas à pas, les droits démocratiques jusqu'à les réduire à rien.

Non seulement la commission ne représente pas les citoyens européens, mais elle ne représente même pas elle-même puisqu'elle est entièrement au service d'un pouvoir occulte, sans visages précis : celui de ce que l'on appelle les Corporates, c'est-à-dire les grands groupes transnationaux, les grandes sociétés multinationales, avec derrière eux la finance, Wall Street, la City, Goldman Sachs - et l'Etat profond américain.

Les nations européennes, donc, ont abandonné leurs pouvoirs régaliens. Ce que les rois s'étaient toujours efforcés de conserver, voire d'accroître, les clowns "républicains" l'ont bradé.

Les grands perdants ? Les peuples. Pas les privilégiés, gros bourgeois et aristocrates félons, mais les citoyens exclus de ces classes toujours promptes à s'adapter afin d'agir de la seule manière qu'elles connaissent et révèrent : ne pas partager.

Pour cela, il faut faire taire ceux qui protestent, ceux qui analysent, ceux qui tentent de faire prendre conscience. Première dans cette catégorie : la France. Renouant avec les pires moments de la Révolution française, rivée sur le slogan :"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté", cette France sectaire a mis en oeuvre une inquisition qui vise à détruire quiconque pense mal, analyse mal, émet de "mauvaises" idées.

Lorsque le premier ministre en personne et le ministre de l'Intérieur appellent au lynchage médiatique d'un journaliste (Eric Zemmour), à l'autodafé, au meurtre même d'un opposant (Alain Soral) en le désignant à la vindicte d'une communauté qui se sent à la fois victime (parce qu'on l'encourage à se sentir telle, alors qu'elle ne l'a pas été plus que d'autres communautés à travers l'histoire) et supérieure (parce que son dieu l'a décrétée telle), sous prétexte que leurs idées sont inacceptables, force est de constater que le pays n'est plus libre. "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté" ? Mais de quelle liberté s'agit-il ?

La liberté de Zemmour, de Soral, soutenue parfois par l'humour (Dieudonné) est celle de raisonner, de réfléchir, d'analyser, d'expliquer. La liberté du gouvernement français, de l'Union européenne, de la mondialisation, est celle d'aider le plus grand prédateur de l'histoire, les Etats-Unis, à piller, à bombarder à tuer, au profit d'une hyperclasse globalisée et criminelle. L'arme des premiers est la critique; l'arme ultime des seconds est la plus grande organisation criminelle de tous les temps : L'OTAN.

Si la France se signale aujourd'hui par son zèle sectaire, c'est que l'esprit de 1789 prévaut, et prévaut absolument. Cet esprit, c'est celui de l'intolérance, qui ne tolère qu'une chose : qu'on laisse les classes prédatrices massacrer. Massacrer pour dominer, voler, se gaver des richesses des masses.

On peut être d'accord, entièrement ou partiellement, avec les analyses de Zemmour ou de Soral. On peut leur être hostile. Une chose est certaine : vouloir les faire taire est criminel. Là, la liberté des uns - l'hyperclasse - entraîne la fin de la liberté des autres parce qu'aux premiers, la liberté des seconds est intolérable. Les autres, c'est-à-dire les citoyens. Décidément, en France plus qu'ailleurs, on est bel et bien sur le chemin d'une nouvelle carte du monde. On peut y introduire toutes les nuances que l'on veut, cette carte - ce Nouvel Ordre mondial qu'inflige aux populations l'Empire yankee - est binaire : d'un côté, une oligarchie planétaire prête à ne reculer devant aucun crime pour parvenir à ses fins, de l'autre, une gigantesque masse d'esclaves qui, s'ils songent à se révolter, subiront les pires sévices.

Exagération ?

Les gouvernements européens, traîtres à leurs peuples, n'abritent-ils pas dans le secret le plus total et avec la complicité des médias, des prisons (en Bulgarie, en Pologne, en Roumanie, sans doute ailleurs encore) où l'on torture des gens que l'on a enlevés, en Europe même, au vu et au su des autorités 1 ?

Le Nouvel Ordre mondial lancé par Bush, le président fantoche de l'Etat profond américain, la mauvaise farce du 11 septembre 2001 : un Ordre qui s'accomode des camps, des prisons, des agressions, des bombes, des actes terroristes provoqués, du massacre de populations entières.

Il est vrai que d'une nation qui a commencé son existence par le génocide des Indiens 2, que peut-on espérer d'autre ?

NOTES :

1. Les deux concepteurs des tortures récentes, les plus démentes jamais inventées par un esprit que l'on hésite à qualifier d'humain, s'appellent James Mitchell et John Bruce Jessen. Ils sont, évidemment, américains. Ils ont touché pour leurs services, chacun, 81 millions (81 000 000) de dollars. L'Union européenne approuve, de même que les gouvernements européens, le gouvernement suisse inclus.

2. Il faut rappeler que sans l'aide des populations indiennes, les colons qui allaient devenir citoyens américains n'auraient pu survivre. Leur manière d'exprimer leur reconnaissance laisse pantois.

Crédit photographique : www.junglekey.fr