MARS 2010

FAITS ET CONCLUSIONS : CATASTROPHES NATURELLES ET PROGRAMME HAARP

L’enchaînement inhabituel, depuis 1995, avec une accélération sans précédent ces dix dernières années, de catastrophes naturelles incite à se pencher sur l’une des hypothèses susceptibles de justifier le phénomène : celle de l’intervention humaine.

Si l’on considère, pêle-mêle, le nombre de régions touchées dans un lapse de temps relativement bref – France (tempêtes Klaus et Xynthia), Taïwan (séisme de 6,2), Chili (tremblement de terre de 8,8 suivi de répliques à répétition avec alerte au tsunami), Iles Kouriles et région de Sakhaline (tremblement de terre, alerte au tsunami), Iles Fidji (cyclone), Turquie (séismes), Madère (pluies dont l’intensité équivaut à deux fois le niveau d’alerte rouge, glissements de terrains, inondations, entraînant lignes à haute tension tordues, arbres déracinés, routes et maisons emportées), Asie du Sud-Est (tsunami, 280 000 morts), Haïti (séisme de 7,3 - 260 000 morts) – mais également l’amplitude de ces calamités, on ne peut que s’interroger quant au rôle éventuel de l’homme dans cette cascade de malheurs.

Quatre événements sont à signaler particulièrement.

Le premier implique le début de la vague de catastrophes, en 1995, qui coïncide avec l’entrée de l’Atlantique dans une période chaude, suivant l’oscillation naturelle multidécennale entre le chaud et le froid, période durant laquelle la puissance destructrice des tempêtes est multipliée par dix. Si l’on peut trouver là une explication à la violence du déchaînement climatique, il n’en va pas de même pour sa fréquence, notamment à mesure que l’on se rapproche des années 2008-2010.

Le deuxième événement est le gigantesque tsunami déclenché par un séisme de magnitude 9 près de la côte nord-occidentale de l’île de Sumatra, le 26 décembre 2004, qui ravagea une partie des côtes de la région (Indonésie, Thaïlande, Inde, Sri Lanka, îles Maldives, etc.), causant la mort de près de 280 000 personnes.

Le troisième concerne le cyclone Katrina, qui frappa la côte de la Louisiane le 29 août 2005, faisant céder les digues et inondant la ville de La Nouvelle-Orléans à 80 % (1300 morts).

Le quatrième a trait au tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Haïti.

1. UN POTENTIEL DE DESTRUCTION SANS EQUIVALENT

Si le premier événement inaugure une triade qui, géopolitiquement et géostratégiquement, n’est pas neutre, les trois paroxysmes qui le suivent sont lourds d’enseignement.

Le tsunami de décembre 2004 frappe par son ampleur et par ses conséquences tragiques. Il frappe également par ses caractéristiques : une magnitude de 9, intensité exceptionnelle ; un épicentre situé au large de Sumatra, à 30 km de profondeur, dans la zone de friction entre deux plaques tectoniques particulièrement instables, la plaque eurasienne et la plaque indo-australienne. L’effet produit est comparable à la libération énergétique de 30 000 bombes nucléaires de la puissance de celle d’Hiroshima. D’un point de vue géopolitique, les bénéfices qu’a retirés de la tragédie un pays prédateur comme les Etats-Unis sont loin d’être négligeables. Ils ont notamment pu observer en direct la propagation du tsunami et établir un bilan exact des pertes humaines et matérielles occasionnées. Ainsi, si la Malaisie, protégée par la masse de l’île de Sumatra, ne déplore que 68 victimes, il en va tout autrement pour les pays situés à proximité immédiate de l’épicentre (Indonésie : 156 000 morts) et dans la zone où la vague, au maximum de son amplitude, est venue se fracasser contre les côtes en hémicycle du golfe du Bengale, l’eau étant pour ainsi dire prisonnière de ce goulet naturel, d’où démultiplication de l’impact (Thaïlande : 6000 morts, mais surtout Inde : 16 000 et Sri Lanka : 35 000). La vague s’est ensuite épanchée jusqu’aux rivages de l’Afrique de l’Ouest, mais elle avait déjà perdu passablement de sa puissance (Somalie : 298, Kenya : 1, Tanzanie : 10).

Fait singulier : si les Maldives ont eu à déplorer environ 80 morts, un chiffre bas par rapport à une population de 300 000 personnes, la base américaine de Diego Garcia a été totalement épargnée. Cette île minuscule se trouve pourtant en plein sur le parcours du raz-de-marée. Il est vrai que l’armée américaine avait pris toutes les précautions pour sortir indemne d’un phénomène qu’elle avait détecté (depuis le Pacific Tsunami Warning Center d’Hawaï) tout en s’abstenant d’avertir qui que ce fût de son imminence. C’est que l’île est protégée par un rempart naturel constitué par une vaste tranchée immergée, laquelle a reçu l’essentiel du choc. Comme, de surcroît, les installations militaires avaient prudemment été placées dans la partie septentrionale, abritée des remous de l’océan, elles n’ont eu à souffrir aucun dommage.

Diego Garcia : un poste d’observation idéal sur la route d’une catastrophe provoquée ?

Parmi les touristes victimes du tsunami, les citoyens américains ont plutôt eu de la chance puisqu’il ne s’en trouve guère parmi les morts, les quelques malheureux n’ayant pu en réchapper n’empêchant pas les stratèges du Pentagone de dormir ainsi que l’ont démontré par le passé les victimes collatérales de l’explosion du Maine en 1898, des attaques contre Pearl Harbour en 1941 et le World Trade Center en 2001.

Autre avantage : les autorités américaines se sont fait une idée précise de la manière dont l’économie d’un pays ravagé par un tsunami peut être sinistrée, voire détruite. Pour une nation qui n’a cessé de proclamer que quelque résistance que ce soit à ses orientations et à ses priorités entraîne un type de châtiment ramenant à l’âge de la pierre, la destruction d’une économie nationale, avec les conséquences sociales criminelles que cela peut avoir, n’est que le moyen spécifique d’une fin globale qui a nom conquête, contrôle, domination.

L’usage qui peut être fait d’une catastrophe « naturelle » a été révélé lors du cyclone Katrina. Lorsque ce dernier s’abattit sur la Louisiane, inondant à 80 % La Nouvelle-Orléans, détruisant, par des vents de 225 km/h et des vagues de 11 mètres de haut, rues et bâtiments, noyant champs et familles entières, interrompant la production de gaz et de pétrole du golfe du Mexique 1, provoquant la mort de plus de 1800 personnes, certains membres de l’oligarchie américaine ne purent contenir leur satisfaction. « Le problème du logement social à la Nouvelle-Orléans est enfin résolu », s’exclama Richard Baker, membre important du parti républicain au congrès, s’adressant à un lobbyiste de ses amis. « Ce que nous n’étions pas parvenus à réaliser, Dieu l’a fait pour nous. » Lui emboîtant le pas, l’un des grands promoteurs immobiliers de la région, Joseph Canizaro, se réjouit que la Providence ait déchiré une page détestée pour lui substituer une nouvelle page, toute blanche, sur laquelle s’inscriraient bientôt des caractères correspondant aux intérêts des investisseurs. Après tout, la plupart des victimes appartenaient aux couches sociales modestes, dont l’existence, pour l’oligarchie, a valeur insignifiante 2.

Le tremblement de terre qui, à Haïti, a causé la mort de 230 000 personnes, auxquelles il convient d’ajouter 300 000 blessés et 1,2 million de sans abris, vient à la fois comme une confirmation et une apothéose. Confirmation qu’en utilisant l’énergie de la nature et en la canalisant dans un but bien précis, on obtient un potentiel destructif dépassant celui de l’arme nucléaire, les retombées radioactives en moins. Apothéose puisque le nombre total des victimes équivaut à celui du tsunami de 2004, qui avait touché 11 pays. Ici, en un seul lieu bien circonscrit, les progrès escomptés ont été énormes : pour peu, dès lors, que l’on étende la puissance d’un tel séisme à un espace équivalent à celui qu’avait dévasté le tsunami de décembre 2004, ce ne sont plus 230 000 morts que l’on peut espérer, mais des millions.

2. ETAYER LES SOUPCONS

Envisager un rapport entre les catastrophes climatiques et les Etats-Unis nécessite un argumentaire solide. Existe-t-il ? La réponse est oui. Un tel argumentaire existe ; il est même assez fourni 3.

Au niveau des intentions, c’est dans les années 1970 que Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller à la sécurité de Carter, auteur du piège afghan ayant déclenché la dislocation de l’URSS, formateur d’Obama) annonçait de futures guerres climatiques. La technologie pour y parvenir était déjà maîtrisée par les Russes et les Américains. Consciente du danger, l’ONU fit adopter, le 10 décembre 1976, la convention ENMOD. Entrée en vigueur le 5 octobre 1978 et signée par l’Assemblée générale, y compris le représentant des Etats-Unis, elle prévoit expressément « l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles. » Le non-respect des traités étant une spécialité des gouvernements américains 4, ils avaient acquis peu auparavant le générateur Pamir, mis au point par les Soviétiques, dont les photos furent exposées au congrès MHD de Chicago en 1983. A la suite de cette acquisition, le générateur disparut de la scène officielle. S’il permettait de mesurer la conductivité électrique du sol sur de grandes distances et à grande profondeur, il pouvait aussi déclencher des séismes contrôlés dans le but d’en empêcher de plus graves d’origine naturelle.

En 1990, deux documents révélèrent au monde feutré des spécialistes les projets américains concernant la manipulation du climat et de l’environnement. Le premier est un document interne, non destiné à publication, spécifiant que les Etats-Unis étaient en mesure de contrôler les processus ionosphériques de façon à améliorer les performances militaires des systèmes de commandement, de contrôle et de communication. Le second, intitulé Revolution in Military Affairs, avait pour but d’adapter les forces militaires américaines à leurs missions du XXIe siècle. Les deux documents prévoient d’accentuer les recherches dans les technologies de l’environnement et du climat, avec pour objectifs la domination de l’air et de l’espace, la maîtrise de l’information, de l’environnement et des moyens de communication, la mise au point de nouvelles armes à énergie dirigée et la manipulation des facteurs climatiques.

C’est, entre autres, dans les perspectives énoncées par ces deux documents que fut créé en 1993 le High Frequency Active Auroral Research Program (HAARP), dont les installations furent établies en Alaska, près du village de Gakona. Les centaines d’antennes gigantesques du centre ne sont que la partie visible du système, les dizaines de transmetteurs, radars, manomètres capables d’influencer le circuit électrodynamique auroral étant top secret. La puissance de ces installations équivaut, selon l’intensité choisie, à celle de 10 à 100 usines électriques traditionnelles. Parmi les concepteurs du projet figure le docteur Bernard Eastlund, physicien, attaché au MIT et à l’Université Columbia, décédé en 2007. Bien que les autorités américaines prétendent que le programme HAARP poursuit des recherches à but purement civil, une quantité considérable d’éléments convergents démontrent qu’il n’en est rien et que l’objectif poursuivi est bel et bien géostratégique.

Le premier de ces éléments est parlant. Contrairement à la majorité des programmes scientifiques américains, HAARP a été confié à la seule responsabilité de l’US Air Force et de l’US Navy dans le cadre de la « Guerre des Etoiles », puis, dès le début du deuxième millénaire, dans celui du Nouvel Ordre mondial. Brzezinsky et Kissinger en ont confirmé l’importance dans la perspective d’une domination américaine globale.

Le deuxième élément concerne les installations elles-mêmes. Leur gigantisme, leur contrôle exclusivement militaire, le mutisme des autorités militaires ou leur recours à la langue de bois les singularisent nettement d’installations similaires à seul but scientifique. En 2005, d’ailleurs, le rapport Air Force 2025 établissait clairement que le contrôle des phénomènes météorologiques constituait une priorité.

Au début des années 2000, d’autre part, William Cohen, alors secrétaire à la défense, confirmait que l’avancée des recherches dans le domaine de l’altération du climat, du déclenchement de tremblements de terre ou d’éruptions volcaniques était significative et qu’il serait un jour possible de « terroriser des nations entières ». Des scientifiques américains éminents l’ont confirmé, assurant que HAARP était opérationnel et désormais en mesure de provoquer des tempêtes, des tsunamis, des sécheresses, des ouragans, des tremblements de terre et des éruptions volcaniques.

Quatrième élément – et non des moindres – des groupes, associations, observatoires, et des scientifiques éminents se sont émus. Ainsi, dans une étude fouillée et rigoureuse de 1998, le GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité), sous la plume du chercheur Luc Mampaey, présente le programme HAARP comme « un programme militaire qui interpelle l’esprit critique », dans la mesure où « le concept de Environmental Warfare a depuis bien longtemps trouvé sa place dans le jargon militaire. Aux Etats-Unis, dès les années 50, des rapports ou déclarations officielles reconnaissaient l’intérêt militaire des techniques de modification des conditions climatiques, allant même jusqu’à considérer que le développement de telles techniques pourrait devenir une arme plus importante que la bombe atomique. Depuis, les recherches en direction d’une maîtrise et d’une manipulation des éléments naturels n’ont jamais cessé. »

L’inquiétude soulevée par HAARP a été si vive que le parlement européen lui-même, pourtant voué aux intérêts du Nouvel Ordre mondial, s’en est préoccupé. En 1998, il a organisé à Bruxelles des auditions publiques concernant ce problème, et le 28 janvier 1999 paraissait au Journal officiel des Communautés européennes une « résolution sur l’environnement, la sécurité et la politique étrangère ». Il y est affirmé que « considérant que la recherche militaire porte actuellement sur la manipulation de l’environnement à des fins militaires, et ce en dépit des conventions existantes ; c’est le cas, par exemple, du système HAARP basé en Alaska », le parlement européen « considère que le projet HAARP, en raison de son impact général sur l’environnement, est un problème d’une portée mondiale et demande que ses implications juridiques, écologiques et éthiques soient examinées par un organe international indépendant » ; il « déplore que le gouvernement des Etats-Unis ait à maintes reprises refusé d’envoyer un représentant pour apporter un témoignage sur les risques que comporte pour l’environnement et la population le projet HAARP financé actuellement en Alaska, durant l’audition publique ou à l’occasion d’une réunion subséquente de sa commission compétente ». Il « invite la Commission à examiner les incidences éventuelles sur l’environnement et la santé publique du programme HAARP pour l’Europe arctique et à lui faire rapport sur le résultat de ses investigations ». Instrument essentiel au service des Etats-Unis, la commission a refusé, se déclarant incompétente. Le 12 juin 2008, Luc Mampaey est revenu à la charge. Dans une étude intitulée La Convention ENMOD et le Programme HAARP : enjeux et portée, il s’inquiète de l’indifférence des autorités vis-à-vis d’ENMOD alors que l’impact de HAARP sur le climat devient de plus en plus évident. Faute de s’en inquiéter, faute, notamment, « d’un processus de révision visant à corriger les lacunes et prendre en compte les avancées technologiques récentes, la Convention ENMOD risque de tomber définitivement dans la désuétude, ouvrant le champ aux pires scénarios. »

3. LES SCENARIOS DU PROBABLE

Les inquiétudes du parlement européen, il y a plus de dix ans, de même que les avertissements du GRIP sont à prendre d’autant plus au sérieux qu’elles corroborent les thèses les plus solides à propos du programme global de domination planétaire américain, dont HAARP constitue l’une des innovations les plus terrifiantes.

Ainsi, lors du tsunami de 2004, la secrétaire d’Etat de l’époque, Condoleezza Rice, s’était réjouie, assurant que la catastrophe « naturelle » qui venait de s’abattre sur la zone constituait une « merveilleuse opportunité » (“a wonderful opportunity”) pour les Etats-Unis, une opportunité qui a « produit de gros dividendes » (“great dividends”) en renforçant les liens entre l’Amérique et l’Asie, permettant au gouvernement américain « de favoriser la paix et la prospérité dans la région » 5. Au-delà du cynisme du propos, condamné en séance par un sénateur, il convient d’en interpréter correctement les termes. D’un point de vue sémantique, l’évocation de l’« opportunité » se rapproche de l’« aubaine » que de nombreuses personnalités officielles américaines ont évoquée chaque fois qu’un choc ou une crise fournissait un prétexte à conquête. Ce fut le cas, nous l’avons dit plus haut, en 1898 (invasion de Cuba à la suite de l’explosion provoquée du croiseur Maine), en 1941 (entrée dans le Deuxième Guerre mondiale à la suite d’une attaque japonaise contre Pearl Harbour suscitée par le gouvernement Roosevelt), en 2001 (guerre contre le terrorisme légitimée par la destruction des deux tours jumelles le 11 septembre). Le fait que la base de Diego Garcia, située sur le parcours du tsunami, ait été totalement épargnée surprend moins lorsque l’on sait que se trouvent sur l’île des installations liées au programme HAARP. D’autre part, les « dividendes » mentionnés ont trait au formidable avertissement que constitue pour des puissances rivales comme la Chine ou, un jour peut-être, l’Inde la démonstration américaine. Car si des observateurs tels que nous-mêmes ont pu acquérir la conviction que HAARP est pour quelque chose dans la série de catastrophes climatiques de la décennie, on peut bien imaginer que des Etats bénéficiant de tout l’arsenal technologique et scientifique nécessaire en ont acquis, sans l’exprimer officiellement, la certitude. Dès lors, « favoriser la paix et la prospérité », dans le vocabulaire américain, signifie « imposer les priorités américaines » susceptibles d’assurer la soumission (« paix ») et la « prospérité économique américaine ».

Car les menaces représentées par HAARP sont effectivement de nature à inquiéter des gouvernements, qu’ils soient rivaux de Washington (Chine, Russie, Venezuela, Corée du Nord, Iran) ou complices éventuellement tentés par l’insoumission. Les objectifs purement militaires du projet ont d’ailleurs été clairement établis et, grâce à des fuites, révélés au grand jour.

Le premier objectif a été défini par les militaires américains en une phrase : “own the weather” (littéralement : « détenir le climat »), c’est-à-dire aboutir à la maîtrise la plus complète possible des mécanismes météorologiques afin de les manipuler à des fins stratégiques. Le second objectif réside dans la manipulation elle-même. Il s’agit, en utilisant des données relayées par satellites 6, de pouvoir provoquer à volonté inondations, érosion, glissements de terrain, tremblements de terre, changements climatiques, éruptions volcaniques. Les retombées géostratégiques et géopolitiques en sont énormes. Il devient désormais possible de déstabiliser l’économie de pays entiers, voire de zones s’étendant sur plusieurs pays. Cela peut se faire soit à l’insu des pays concernés, à un coût minimum, sans engagement militaire et sans équipement dispendieux, soit par le biais d’un chantage discret : obéissez, servez nos intérêts, ou nous vous réduisons à l’état de désert. Ainsi que l’a précisé Don Herskovitz dans “Killing Them Softly” (Journal of Electronic Defense, août 1993), la maîtrise militaire du climat permet de lancer « une sorte de guerre plus douce et moins agressive ».

L’un des aspects les plus néfastes de cette « guerre plus douce » se déroule actuellement sous nos yeux. Il s’agit de la destruction systématique des agricultures naturelles au profit de techniques agricoles détenues par les seules industries agroalimentaires et biotechnologiques, la plupart américaines ou contrôlées par les Etats-Unis. Arme ultime grâce à laquelle, en inondant, incendiant ou désertifiant de vastes régions, l’application de la manipulation climatique sert d’appoint ou de ponctuation finale au démantèlement agricole déjà bien entamé par les crises économiques à répétition, la déréglementation, le désengagement des Etats, la soumission au marché mondial et le dumping qui ruinent des millions de paysans chaque année.

Arme à triple tranchant, le programme militaire HAARP est potentiellement vecteur de destructions à valeur stratégique, économique et politique. Stratégiquement, nous venons d’en détailler les composantes. On peut y ajouter, de l’aveu même des instances militaires américaines, la détection de dépôts d’armes souterrains, la communication avec les sous-marins alliés ou la destruction de sous-marins ennemis, la destruction en vol de missiles, fusées, avions et satellites, l’incendie d’installations industrielles, la fouille systématique à distance de n’importe quel point du sol, des océans et des mers, l’attaque de cibles au sol et, bien entendu, le contrôle du climat. Demeure un dernier domaine, sur lequel les chercheurs de HAARP travaillent : la manipulation des esprits individuels et le contrôle des foules. Dans The Military’s Pandora’s Box, Nicholas Begich et Jeane Manning ne cachent pas que “returning low-frequency waves at high intensity could also affect people’s brains” 7.

Le jour où à la maîtrise parfaite du climat, les Etats-Unis pourront ajouter l’arme alimentaire (« si vous voulez manger, faites ce que nous vous disons »), ils seront devenus le dieu de la Bible : omniscient, omniprésent, jaloux, colérique et vengeur. Les oligarchies, un peu partout, peuvent le souhaiter puisque leurs intérêts coïncident avec les intérêts de l’oligarchie américaine. Il n’en va pas de même pour le reste de l’humanité. Elle sera alors littéralement ce troupeau que bousculent de cyniques bergers, perpétuellement surveillé, utilisé puis rejeté après usage, légion de milliards d’individus gris, sans nom et sans identité.

Notre devoir, en tant que géopolitologues, est de dire et décrire. Aux hommes et aux peuples de décider de se soumettre ou de se rebeller.

Avant qu’il ne soit trop tard.

MBM

1. Ce qui a eu le grand avantage de faire grimper les cours.

2. Pour les oligarchies, en l’occurrence pour l’oligarchie américaine, le reste de l’humanité, y compris leurs propres compatriotes, ne représente qu’une masse dans laquelle puiser pour satisfaire son intérêt. L’illustration en est donnée par Henry Kissinger, qui, parlant des soldats américains, les décrit comme “dumb, stupid animals to be used as pawns of foreign policy” (« des animaux ahuris et stupides, simples pions au service de la politique étrangère »).

3. L’un des éléments les plus probants est bien sûr le fait que 10 000 soldats et officiers américains aient été prêts à intervenir à Haïti un jour avant le séisme. Quelques heures après leur intervention, ils s’étaient emparés de l’aéroport, des principaux points stratégiques et s’étaient appropriés la direction des opérations de secours. L’occasion (opportunity, diraient les stratèges américains) était offerte d’occuper une zone stratégiquement précieuse sur la voie de la remise dans le droit chemin du Venezuela, pays rebelle ayant décidé de ne plus se laisser piller et qu’il conviendra de châtier sans tarder.

4. Les traités, pour eux, n’ont d’autre utilité que d’obliger les autres pays à observer des règles qu’eux-mêmes violent avec ferveur.

5. “Our Asian alliances have never been stronger, and we will use that strength to help secure the peace and prosperity of the region.” (Publié le 18 janvier 2005).

6. Ce qui explicite le programme de conquête militaire de l’espace évoqué sur ce site (cf. « La Nouvelle Doctrine militaire russe » dans Articles en ligne), en particulier la construction (interdite par les conventions internationales) de satellites destructeurs de satellites. Pour que les effets de HAARP puissent être optimum, il faut que la maîtrise des satellites qui y sont liés soit totale. Tout satellite intrus doit donc pouvoir être désintégré. C’est à cela que sert la collaboration entre HAARP et Spacelab.

7. Earthpulse Press, 1995.